3 Questions au Président du CNOSF

Avant les élections du CNOSF, la lettre de l’économie du sport avait, par le biais de représentant du mouvement sportif, interrogé les 4 candidats à la présidence du CNOSF.
Voici les réponses de Monsieur MASSEGLIA, nouveau président du comité aux questions posées par le président de l’ANDES, Jacques THOUROUDE.

Gouvernance du sport
Avec 8.35 Milliards € de dépense sportive et la propriété de 80% des installations sportives, les Communes représentent le premier financeur public du sport en France.
Malgré ces chiffres incontestables, la représentation et la considération des élus locaux reste insuffisante et les relations entre les Fédérations et les Collectivités locales doivent évoluer vers un partenariat plus étroit.

De ce fait, quels seraient d’après vous, dans les années à venir, le rôle et la place des Collectivités locales dans la gouvernance du sport en France ?


Je suis partisan d’une évolution du modèle sportif français à deux pôles (Etat et mouvement sportif) à un système à quatre incluant les collectivités territoriales et le monde économique. Il est en effet inenvisageable que les collectivités territoriales qui sont les premiers financeurs public du sport ne participent pas davantage à la gouvernance du sport.
Dans un système revu d’une gouvernance partagée à responsabilités réparties, il me semble que le pilotage des équipements sportifs pourrait revenir aux collectivités territoriales.



Sport professionnel
Dans un contexte où les finances publiques locales arrivent à un seuil de financement du sport professionnel, certains clubs professionnels souhaitent rénover ou construire de nouvelles enceintes sportives notamment avec l’apport du secteur privé.

Comment voyez-vous dans les prochaines années, l’évolution des relations financières entre les Collectivités locales et les clubs professionnels, et jusqu’à quel niveau le secteur privé peut-il investir le sport professionnel ?


Il nous faut faire le constat que nos stades ne sont plus adaptés aux besoins du public, notamment en matière de confort, sécurité et convivialité. Je pense qu’il y a lieu d’imaginer un système de financement à la française avec participation de l’Etat (selon un plan exceptionnel), des collectivités territoriales, du monde économique et du club résident. Les collectivités territoriales ne peuvent plus à elles seules supporter l’ensemble des coûts liés à la construction et à l’entretien, pas plus d’ailleurs que les clubs résidents, contrairement à certains d’outre manche.
L’investissement des collectivités locales dans le sport professionnel doit se limiter comme actuellement à une aide au développement des actions sociales et éducatives, en aucun cas être utilisé pour assurer le salaire des joueurs qui est lui soumis aux lois du marché.
L’investissement du privé dans le sport professionnel sera forcement lié à l’intérêt économique que cela représente d’où le caractère indispensable d’améliorer les capacités d’accueil et d’animation des stades français.



Normes et exigences fédérales
En matière d’équipements sportifs, les Collectivités locales ont à faire face à une véritable surenchère normative et réglementaire - parfois absurdes - qui impactent de manière conséquente les deniers publics.

Que proposez-vous pour tendre vers une harmonisation normative et réglementaire, et une stabilisation des nouvelles exigences fédérales ?


Cette question essentielle ne peut trouver de réponse intéressante que dans le cadre d’une nouvelle gouvernance du sport. Il n’y a pas eu jusqu’à présent suffisamment d’intérêt réciproque pour que les différents acteurs agissent ensemble dans le souci de l’intérêt général.
Il me semble indispensable de définir des catégories d’équipements, tous ne devant pas suivre nécessairement des normes élevées et coûteuses.
Mieux vaut avoir un équipement pensé en fonction des besoins du mouvement sportif local et du plus grand nombre que ne pas en avoir du tout.