l’ANDES auditionnée sur deux missions parlementaires avec Mme Goulet et M. Cormier-Bouligeon

C’est dans le cadre des saisines du Premier ministre que l’ANDES a été auditionnée pour deux missions parlementaires le 21 juin dernier.

La première mission concernait Mme Perrine GOULET – Députée de la Nièvre, sur la clarification des financements des politiques sportives engagées entre l’Etat, le CNDS et les Collectivités territoriales d’une part, entre les pouvoirs publics et le Mouvement sportif d’autre part, alors que la deuxième mission concernait M. CORMIER-BOULIGEON, Député du Cher, sur le Développement de la pratique sportive tout au long de la vie.

Dans ses propos liminaires aux deux missions parlementaires, l’ANDES a tenu à rappeler l’objectif ministériel de + 3 millions  de pratiquants qui ne pourra être atteint sans un plan d’investissement majeur pour aider les Collectivités locales à rénover le patrimoine sportif très vieillissant.

En effet, avec 42% des installations qui ont 38 ans d’âge mais également 20% des installations qui ont 50 ans d’âge en moyenne, cela revient à dire que ces derniers sont obsolètes et limitent l’accès à la pratique sportive

Un autre point qui est corrélé, certains clubs refusent des licenciés faute de créneaux disponibles et de l’insuffisance de l’encadrement du club.

Concernant la Mission rapportée par Mme GOULET, sur les financements du sport, en lien avec le projet de loi de finances 2019, l’ANDES a indiqué que les différents plafonnements des prélèvements sur les jeux, les paris sportifs et la taxe Buffet, ont retiré au moins 50 M€/an au financement du CNDS.

D’autre part, les premières économies étant les dépenses sportives non effectuées ou évitées, le rôle de l’ANDES et de ses partenaires sur la modération des règles fédérales et normes depuis 15 ans      (1 Milliard € de dépenses évitées), le pouvoir législatif à consolider de la commission CERFRES et le potentiel du sport santé (350€/an/personne) ont été soulignés.

En matière de sport professionnel, l’ANDES a proposé de flécher une partie des droits TV perçus par les clubs en direction des investissements, de favoriser l’accès à la gestion et à la propriété des installations par les clubs professionnels qui le souhaitent, et de formaliser enfin les critères de calcul de la redevance par une refonte de la circulaire de 2002.

Le rapport de la mission est prévu mi-juillet.

Concernant la mission de M. CORMIER-BOULIGEON sur le Développement de la pratique sportive tout au long de la vie, l’objectif porte sur les préconisations en matière d’action publique pour encourager une pratique durable.

Le constat général de la pratique des français est dans la moyenne européenne, mais il est plus alarmant au niveau des jeunes, avec 1 jeune sur 3 qui ne pratiquent pas d’activité et 1 sur 2 ayant une activité insuffisante selon les recommandations de l’OMS.   

La première proposition de l’ANDES est de mettre la priorité dès le plus jeune âge à l’école, avec l’intérêt d’une activité physique soutenue pour en garder les bénéfices et les habitudes de vie saine.

L’objectif du « savoir nager » obligatoire au CM2 mais non respecté est un enjeu prioritaire.

La diminution et le décrochage des élèves licenciés dans une association est bien connue : de  65% à 11 ans, ils ne sont que 42% à 18 ans, et 50% ne pratiquent pas d’activité en dehors de l’école.

Au-delà des outils numériques favorisant la dématérialisation de leurs services ou de leur fonctionnement, le rôle des associations, comme un véritable acteur économique et social, pour développer de nouvelles activités a été souligné, avec un besoin de professionnalisation pour accompagner les bénévoles.

Le besoin de compétences spécifiques pour développer les projets et rechercher les sources de financements, la mutualisation des emplois avec les groupements d’employeurs, notamment dans le secteur rural,  sont des points clés à développer.

L’autre secteur qui est porteur d’un gisement de nouveaux pratiquants, est le domaine du sport santé.

Avec 1 million de personnes dépendantes actuellement (soit 34 Mds € de prise en charge pour assurance maladie), et 2 millions en 2040, c’est un enjeu de santé publique incontournable pour les décennies à venir.

La sédentarité des générations actuelles et plus encore celles à venir, nécessite une forte volonté publique et une collaboration interministérielle avec les acteurs de la santé.

Des expérimentations en cours comme la CPAM Bouches-du-Rhone ainsi que les expériences à l’étranger (Liverpool, Islande, Québec…) sont autant d’exemples qui doivent servir la cause du sport santé en France.

La remise du rapport est prévue en octobre 2018, avec des déplacements des parlementaires dans les territoires.

Ce travail doit déboucher sur des propositions parlementaires pour la loi sport et société fin 2018/début 2019.

 

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