La lutte contre les noyades concernent les Collectivités au premier chef

Le rapport « pour une stratégie de lutte contre les noyades » a été rendu aux Ministres des Sports et de l’Education nationale par les Inspecteurs généraux respectifs M. Thierry MAUDET et Mme Véronique ELOI-ROUX. Ce rapport fait suite aux drames répétés chaque année liés aux noyades. 1 960 noyades ont été recensées pour le seul été 2018 (+36% depuis 2015), dont 597 suivies par un décès (84 % d’origine accidentelle).

Membre du comité de pilotage du « Plan aisance aquatique » représentée par M. TELLIER et M. GREGOIRE, l’ANDES a contribué à ce rapport avec les retours d’expériences de terrain avec les villes de La Rochelle, de Douai et de Compiègne. L’ANDES sera également membre de la conférence du consensus avec C. LEONIDAS, qui devra arbitrer les différentes contributions d’experts à mettre en place à l’issue de ce rapport.

La synthèse en quelques lignes sur la stratégie et les causes des noyades

La mission estime que « tous les âges et les lieux sont concernés par les noyades, mais il n’y a pas de cause ni de réponse unique. Les enfants de un à trois ans sont exposés dans les piscines familiales, l’apprentissage de la natation est essentiel mais pas suffisant, et la complémentarité des interventions est indispensables ».

Les constats partagés

Les lieux de noyades se déroulent très majoritairement en mer dans la bande des 300m (41%), en piscine privée familiale (19%), 11% dans les fleuves ou rivières, 11% dans les plans d’eau ou lacs, et 6% dans les piscines publiques. Parmi les 24 préconisations dont certaines concernent les Collectivités, la priorité relative à l’apprentissage, est de créer un test unique, repère de validation d’un « savoir nager sécuritaire » à l’école et hors de l’école. Alors que les noyades des adultes sont nombreuses en raison de la surestimation de leurs capacités,  peu de collectivités territoriales et/ou associations proposent, à l’heure actuelle, des apprentissages ciblés sur la population des séniors.Ainsi, la préconisation n° 7 encourage « les collectivités territoriales et les clubs à renforcer leurs coopérations pour organiser des apprentissages ciblés sur la population des adultes qui ne savent pas nager.

La confirmation de la vétusté des piscines et des centres aquatiques vétustes

La mission fait un diagnostic précis sur le parc de piscines en France, et confirme les propos de l’ANDES depuis plusieurs années, voici quelques chiffres choisis :

  • 3 768 installations sportives regroupant 6 052 bassins de natation
  • 5% des bassins appartiennent aux collectivités locales et 13.5% au privé
  • Plus de la moitié des bassins de natation (50,8 %) ont plus de 35 ans et un tiers plus de 45 ans.
  • La plupart des 1 000 piscines arrive « en fin de vie »
  • Dans un cas sur dix, ces collectivités territoriales s’appuient sur une délégation de service public (DSP) pour la gestion du bassin
  • 55 % de ces installations offrent des bassins de natation couverts et 40% sont considérés comme des bassins sportifs
  • Il faut alors compter en moyenne 12 minutes (par la route en heure creuse) pour se rendre à la commune équipée la plus proche

Le rapport qui cite la direction des sports, propose que les piscines de proximité, d’un budget inférieur à 8M€ environ, et la rénovation d’équipements existants soient prioritaires pour le soutien financier de l’Etat à l’investissement.

Dans la lignée du plan aisance aquatique, la préconisation n° 10 propose de « renforcer et pérenniser, en partenariat avec les collectivités territoriales, l’engagement financier de l’État, sur la base de plans pluriannuels, de rénovation ou de construction d’équipements aquatiques, prioritairement sur les territoires carencés, en incluant une clause obligatoire, relative à l’apprentissage de la nage ».

Au regard des besoins dans ce domaine, il reste à mesurer l’effort financier supplémentaire nécessaire qui a été de 19M€ en 2019 et 15M€ en 2018.

Les encadrants : une problématique récurrente pour les Collectivités à régler

La mission indique que l’évolution des diplômes et des formations n’a pas permis d’endiguer le déficit d’encadrants.  Les raisons de cette « crise des MNS » serait dû à un environnement contraint et un niveau de responsabilité élevé. Une des préconisations est de recentrer les MNS sur leur cœur de métier qui est l’enseignement.

L’accès à l’exercice en autonomie des titulaires du BNSSA a été évoqué dans le rapport. Initialement prévu par le ministère de l’Intérieur, cette mesure a été reportée afin de prendre le temps d’entendre plus longuement l’ensemble des acteurs concernés dont les syndicats de MNS. Afin de faire évoluer cette situation de blocage, il est proposé :

  • D’offrir aux MNS de réelles évolutions de carrière, plus attractives, à travers, notamment, la formation continue qualifiante, les dispositions statutaires, les régimes indemnitaires (préconisation 14)
  • De valoriser les acteurs de l’encadrement des activités aquatiques, appréhender et traiter, de manière simultanée, les questions portant sur l’accroissement des prérogatives des titulaires du BNSSA, la garantie de l’enseignement de la natation par les MNS et leur responsabilisation et implication accrues dans la rédaction du plan d’organisation de la surveillance et des secours (préconisation 19)

Enfin, afin de permettre aux maires de mieux exercer leurs responsabilités en matière de surveillance des sites de baignade, il est vivement recommandé d’organiser, systématiquement, en amont de la saison de baignade, des exercices de simulation mobilisant les encadrants et les acteurs de la « chaîne de secours » afin de sécuriser au mieux les lieux (préconisation 22).

LIRE LE RAPPORT COMPLET

LIRE LES PRÉCONISATIONS

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *